Cinéphile m'était conté ...

Cinéphile m'était conté ...

Asie


Aliénation majuscule (L'Usine)

L'Usine mérite bien sa majuscule. C'est une vraie cité, immense et tentaculaire, qui possède ses propres restaurants, lignes de bus et autres facilités pour ses employés. Son activité ? Multisectorielle, semble t-il, mais à vrai dire, bien malin qui pourrait la définir. Hiroko Oyamada cultive l'étrange comme beaucoup d'autres écrivains japonais, Yôko Ogawa, par exemple, et cette allégorie sur l'aliénation du travail réussit parfaitement à mettre de l'inconfort dans la lecture, en brouillant les repères, y compris temporels. Trois narrateurs alternent, chacun d'entre eux salarié de l'Usine, embauché plus ou moins à contrecœur et accomplissant des tâches invariablement absurdes et dont l'utilité pour leur entreprise reste énigmatique. L'humour d'Oyamada est noir, forcément, dans une atmosphère très sombre où la menace est symbolisée par la prolifération d'animaux, ragondins et cormorans, dont l'apathie semble se transmettre aux humains. On pense à La métamorphose de Kafka, dans cet univers oppressant qui finit par vaincre toute velléité de résistance. Les personnages du livre deviennent de plus en plus flou, ils ne sont plus que des ombres au service d'une tâche qu'ils ne comprennent pas, leur personnalité s'effaçant au fil du temps. Le livre est fascinant mais c'est davantage son ambiance fantastique qui hypnotise plutôt que sa progression dramatique, assez aléatoire.

 

Un grand merci aux éditions Christian Bourgois et à la Masse critique de Babelio.

 

 

L'auteure :

 

Hiroko Oyamada est née au Japon en 1980. Elle a notamment publié Le trou.

 


09/02/2021
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Quand la réalité flotte (Pluie)

La pluie de Ng Kim Chew n'est pas un roman traditionnel. Il se compose de 7 tableaux et d'un récit supplémentaire, soit 8 histoires qui se déroulent dans le même lieu, à l'orée d'une forêt malaisienne, avec une météo équivalente, au sein d'une même famille mais à des époques différentes, jamais véritablement précisées. On y rencontre parfois Xin, enfant, puis il réapparait adulte, à moins que ce ne soit pas le même, mais son petit neveu, des années plus tard. Difficile de se repérer car il n'y a pas de continuité chronologique et certains épisodes s'échappent de la réalité et tiennent plus du conte ou de la rêverie. Pour un peu, on se croirait dans un film du thaïlandais Weerasethakul avec ce flottement narratif peuplé de fantômes. Il y a des éléments bien tangibles cependant, dont certains reviennent à plusieurs reprises : la récolte du latex, l'occupation de la Malaisie par l'armée japonaise, la présence fantasmée de tigres et, bien entendu, cette pluie incessante ... L'ensemble dégage une vraie poésie et certains lecteurs seront sans doute sensibles à la prose envoûtante de l'auteur mais cela n'est possible qu'à partir d'un certain lâcher prise, pas toujours aisé à atteindre selon l'humeur du moment où son propre désir de rationalité.

 

 

L'auteur :

 

Kim Chew Ng est né le 9 novembre 1967 en Malaisie.

 


23/12/2020
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Une violence sourde (Les enfants du silence)

Il serait naïf de croire que les livres peuvent changer le monde et pourtant, parfois, ils contribuent à l'améliorer. C'est le cas de Les enfants du silence, de Gong Ji-young, paru en 2009 en Corée du Sud, dont le retentissement a été tel qu'il a permis qu'une loi soit votée afin de durcir les peines pour les auteurs d’agressions sexuelles sur les mineurs et les handicapés. L'affaire dont s'est inspirée l'écrivaine coréenne est d'un sordide inimaginable, celle du viol répété d'enfants sourds dans une école privée, au vu et au su de toute une ville corrompue par l'argent. Le livre est très documenté et ne lésine pas sur les détails les plus atroces, au risque d’écœurer le lecteur. Il est certain que la romancière aurait pu sinon édulcorer, du moins faire preuve de moins de précision clinique mais il est évident qu'au moment de l'écriture, qui a dû être pénible, elle était animée par une colère sourde que l'on comprend facilement, notamment à cause du procès inique qui s'en est suivi et de la quasi impunité des tortionnaires. Malgré tout, Gong Ji--Young ne réussit pas tout à fait à mélanger les éléments de fiction, et notamment à faire vivre son personnage principal, autour des faits avérés. Il en résulte un certain déséquilibre dans le roman qui ne saurait cependant pas occulter la réalité, transcrite avec une crudité glaçante, qui explique sans doute que le livre a mis plus de dix ans à être traduit en français.

 

 

L'auteure :

 

Gong Ji-young est née le 31 janvier 1963 à Séoul. 4 de ses livres ont été publiés en France dont L'échelle de Jacob et Nos jours heureux.

 


20/12/2020
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L'apaisement de la sérénité (La République du bonheur)

Quelle est la différence entre la douceur et la mièvrerie ? L'une est réconfortante et apaisante, l'autre dégoulinante et écœurante. Les définitions valent pour la cuisine comme pour la littérature et s'il est une romancière experte pour être l'une (douce) plutôt que l'autre (mièvre), c'est bien Ito Ogawa laquelle, après La papeterie Tsubaki, nous offre une nouvelle succulente friandise intitulée La République du bonheur, qui porte bien son nom. Cette suite (mais pas fin ?) reprend les mêmes ingrédients mais comme pour la confection de plats, tout est dans le dosage et surtout dans le tour de main. Hatoko, l'héroïne du livre, est irrésistible, avec ses doutes, ses blessures passées, son altruisme et sa capacité de jouir du moment présent. Si elle séduit tant les lecteurs, c'est sans doute parce qu'on l'admire et aussi qu'on aimerait lui ressembler, un peu, beaucoup, passionnément. Pour son art d'écrivain public qui remplace joliment les psys de tous acabits, pour sa capacité à confectionner des boissons sophistiquées adaptées à toutes les circonstances, pour son aptitude à écouter les autres et à en tirer des leçons de vie. Il y a chez Hatoko une sérénité que l'on peut envier mais attention, celle-ci n'est pas niaise, elle est même inquiète, en alerte et jamais acquise. Tout comme la République du bonheur n'a rien d'une dictature, elle ne s'offre qu'à ceux qui la recherchent dans les petits moments de joie et de plaisir de la vie. Pour un programme pareil, la République du bonheur mérite de recueillir tous les suffrages.

 

 

 

L'auteure :

 

Ito Ogawa est née en 1973 à Yamagata (Japon). 5 de ses livres ont été traduits en français dont Le ruban et La papeterie Tsubaki.

 


21/10/2020
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Le choix de la fuite (Toutes ces vies jamais vécues)

Pas facile d'avoir Roy comme patronyme quand on est une romancière indienne. Moins connue que sa consœur Arundhati, Anuradha mérite pourtant bien que l'on s'intéresse à elle, mais cela, les lecteurs de L'Atlas de l'impossible, son premier livre, ne l'ignorent pas. Toutes ces vies jamais vécues, son quatrième roman, sans être une œuvre fleuve, est un ouvrage dense et intense comme la littérature indienne nous en offre souvent, avec ici beaucoup de niveaux de lecture : historique, féministe, filial. L'histoire commence quand Mychkine, un homme déjà âgé, reçoit un certain nombre de lettres de sa mère adressées autrefois à une amie. Cette mère qui l'a quitté enfant et qu'il n'a jamais revue ni su ce qu'elle était véritablement devenue. Le contenu de ces missives, Anuradha Roy ne nous le révélera qu"au 2/3 du livre (suspense) après avoir lancé la machines aux souvenirs du vieil homme. Une grande partie du livre se déroule donc en Inde, près de l'Himalaya, dans un pays agité par un fort désir d'indépendance. Au moment du départ de la mère,, la deuxième guerre mondiale n'est plus très loin et va chambouler la vie des habitants de cette partie du monde et davantage encore les Indes Néerlandaises où la fuyarde s'est réfugiée (à Bali). Sans perdre de vue son intrigue et sa progression chronologique, mais sans en être prisonnière non plus, la romancière rend captivante la psychologie d'un enfant déboussolé par l'abandon et fin observateur de l'univers qui l'entoure. C'est le regard de l'homme pas loin du crépuscule de sa vie sur le garçon qu'il était qui est touchante mais le livre contient aussi une galerie de portraits très vivante au sein d'un tissu social précisément décrit. Et puis, bien sûr, il y a cette mère, symbole de femme libre et artiste dans une époque qui admettait encore moins qu'aujourd'hui qu'elle ne se plie pas aux contraintes et aux servitudes traditionnelles d'une femme mariée. A travers sa correspondance retrouvée, depuis Bali, son fils Mychkine et, par la même occasion, le lecteur découvriront une facette différente et anxieuse d'une femme qui a sacrifié beaucoup pour vivre sa vie et sa passion. Anuradha Roy nous laisse libre de juger si elle a fait le bon choix ou si le prix à payer était trop lourd.

 

L'auteure :

 

Anuradha Roy est née en 1967 à Calcutta. Elle a publié 4 romans dont L'atlas de l'impossible et Les plis de la terre.

 


11/04/2020
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Un garçon, une fille (J'adore)

Un garçon, une fille. Ils ont 12 ans, se voient souvent, sont amis, même si le mot n'est pas prononcé entre eux. Et ils ont un point commun : ils ont perdu un de leurs deux parents très jeune. Mais ceci ne les rapproche pas, au début de J'adore, le roman de Mieko Kawakami dont c'est le quatrième livre à paraître en français, et pas le moins bon, loin de là. Les deux enfants sont les narrateurs du récit, d'abord lui, puis elle. Cela commence tout doucement avec l'obsession du garçon pour une employée de supermarché aux yeux énormes (Miss Ice Sandwich) et avec les séances de cinéma organisés chez le père de la fillette. Cette partie du roman est tendre et gracieuse avec des dialogues souvent hésitants et un peu répétitifs, assez décalés, également (la traduction n'a pas dû être simple). La deuxième moitié de J'adore marque une nette montée en puissance émotionnelle, dès lors qu'il y a recherche d'identité et prise de conscience que les parents cachent parfois des choses à leurs enfants. Pas de rupture de ton dans l'ouvrage mais le sentiment de voir ces deux protagonistes grandir et partager les vicissitudes de la vie. J'adore est écrit à hauteur d'enfants, un défi que Mieko Kawakami relève haut la main, même si l'on tique parfois devant le vocabulaire employé, pas toujours crédible. En définitive, cela importe peu devant la sensibilité qui se dégage de l'ensemble du roman. La dernière phrase est toute simple mais très belle, rapportée à ce que l'on vient tout juste de lire : "Je ne sais pas pourquoi, mais j'ai pensé que je n'oublierais jamais ce jour-là."

 

 

L'auteure :

 

Mieko Kawakami est née le 29 août 1976 à Osaka. Elle a publié 4 livres en français dont Sein et oeufs et Heaven.

 


06/04/2020
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Le temps des lettres (Les miracles du bazar Namiya)

En expert du polar qu'il est, Keigo Higashino est passé maître dans l'art de concocter des mécaniques narratives de précision. Les miracles du bazar Namiya, qui nous arrive avec quelques années de retard sur sa publication japonaise, a beau appartenir à un autre genre, les qualités d'orfèvrerie du romancier n'ont pas disparu pour autant. Ici, c'est un élément fantastique qui sous-tend l'intrigue, ou devrait-on dire plutôt les intrigues, car les différents chapitres reliés chacun au même phénomène étrange de voyage dans le temps, sont autant d'histoires qui racontent chacune des personnages à un tournant de leur existence. La façon dont Higashino entremêle ces différents destins est proprement époustouflante, comme autant de séquences qui composent un livre d'existences autour de ce mystérieux bazar Namiya. Si voyage dans le temps il y a, ce sont des lettres qui le font, écrites à une époque donnée et lues pour certaines quelque 40 ans plus tard. L'occasion pour l'auteur de se livrer à une évocation de l'Histoire japonaise des 4 dernières décennies, de manière plutôt narquoise et ludique que didactique. Higashino a mis beaucoup d'humanité et d'émotion dans son récit, partageant avec le cinéaste Jean Renoir l'idée que "chacun a ses raisons", sous-entendu que choisir une direction plutôt qu'une autre se base sur des raisons personnelles et souvent instinctives. Et c'est justement là que le bazar Namiya intervient, avec un bon sens et parfois une rudesse qui ont le mérite de la franchise. Enfin, bref, le livre est difficile à lâcher, s'aventurant de temps en temps dans les pas d'un autre grand japonais, nommé Murakami. A ceci près, et c'est le bémol principal, que le style de Higashino est beaucoup plus simple que celui de son confrère, frisant à l'occasion la platitude. Cela n'obère pas le grand plaisir pris à dévorer Les miracles du bazar Namiya mais cela le diminue un peu, quand même.

 

 

L'auteur :

 

Keigo Higashino est né le 4 février 1958 à Osaka. 9 de ses livres ont été traduits en français dont Un café maison et La fleur de l'illusion.

 

 

 

 

 

 

 


27/03/2020
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Une phalange de mains en mains (La mangeuse de guêpes)

La mangeuse de guêpes est l'histoire très étrange d'une phalange volée du corps d'une suicidée par son amant et qui, après avoir été oubliée (l'os, pas la morte), va passer de mains en mains, de femmes, exclusivement. L'âme de la défunte, 50 ans après sa disparition, n'est toujours pas en paix, mais en peine, et elle flotte au-dessus de notre monde comme un fantôme insatisfait. De cet argument fort romanesque, Anita Nair, dont on connait le talent depuis longtemps, tire une succession de récits enchevêtrés, qui disent tous un peu/beaucoup de la condition féminine, aujourd'hui, en Inde. Au gré des allers et retours entre son héroïne, qui a choqué ses proches avant sa mort par ses écrits très "libérés", et d'autres figures féminines, dont une autre majeure, harcelée par un ancien amant, peut naître une certaine frustration du lecteur qui aurait voulu passer plus de temps avec les deux protagonistes essentielles du livre, celle du passé et celle du présent. La romancière a peut-être trop de destinées à raconter mais une fois compris ce passage incessant de l'une à une autre, l'on s'en accommode assez facilement, cela devient même un jeu amusant, bien que beaucoup d'histoires soient dramatiques, car il y a la quasi certitude que Anita Nair finira tôt ou tard par nous narrer la façon dont la femme à la phalange s'est ôtée la vie. La mangeuse de guêpes, outre son fort intérêt sociologique, est donc aussi un bon thriller sentimental et existentiel.

 

 

L'auteure :

 

Anita Nair est née le 26 janvier 1966 à Mundakottakurissi (Inde). Elle a publié 10 romans dont Compartiment pour dames et Dans les jardins du Malabar.

 


20/03/2020
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Vices et Vicissitudes (Un parfum de corruption)

Le dernier roman de Liu Zhenyun, Un parfum de corruption, au demeurant délectable, rappelle beaucoup ceux de deux auteurs de la même génération, et bien connus en France : Yu Hua et Mo Yan. Outre que leurs livres dépeignent avec un sens du picaresque achevé et un humour très grinçant les dysfonctionnements du pays, ils ont souvent un commun des "héros" victimes du sort mais loin d'être innocentsn par ailleurs. Un parfum de corruption, un titre qui représente un joli euphémisme, nous fait découvrir successivement plusieurs personnages, d'une honnêteté relative, qui vont découvrir à leurs dépens qu'il y a toujours un prix à payer quand on se laisse aller à la cupidité et que des vices découlent fatalement des vicissitudes. La première protagoniste, Niu Xiaoli, dont les aventures couvrent un tiers du livre (en deux chapitres non consécutifs) est de loin la plus attachante, elle dont la candeur initiale sera corrompue par les malversations et autres coups fourrés des tristes sires (à une exception près, mais pas la moindre, ce sont des hommes) qu'elle sera amenée à rencontrer. Les différentes histoires que raconte Liu, impliquant notamment des fonctionnaires peu scrupuleux (encore un euphémisme) sont d'une façon ou d'une autre connectées à Niu Xiaoli, pour notre plus grand plaisir pervers ! Le rythme d'Un parfum de corruption est soutenu, les dialogues enlevés et le style parfois trivial joue à fond la carte du "nouveau réalisme". Que la société chinoise soit, comme beaucoup d'autres, obsédée par le profit n'est pas en soi une révélation mais l'auteur a l'art et la manière d'en tirer une substance romanesque qui frise la jubilation pour le lecteur. Le roman aurait été presque parfait s'il n'y avait tout de même, de temps à autre, des répétitions inutiles des événements précédents, comme si Liu avait besoin lui-même de faire le point à intervalles réguliers pour ne pas se perdre dans son intrigue. Un défaut mineur qui ne gâche pas vraiment le plaisir de la lecture.

 

 

L'auteur :

 

Liu Zhenyun est né en 1958 à Xian (Chine). 7 de ses livres ont été traduits en français dont En un mot comme en mille et Je ne suis pas une garce.

 


15/03/2020
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Des jeunes gens radicaux (Comme des lions)

Le nom de Bhutto, tellement célèbre au Pakistan, et pas que pour de bonnes raisons, a été à la fois un atout et une contrainte lorsque Fatima Bhutto s'est lancée en littérature. Après le prometteur Les lunes Mir Ali, Comme des lions confirme qu'elle est une vraie romancière et que la notoriété de sa famille n'est pour rien dans le succès qu'elle remporte. En V.O, Comme des lions s'intitule The Runaways et il s'agit bien des itinéraires croisés de trois fugitifs de notre temps (Anita Rose dite Layla, Monty et Sunny), des jeunes gens en guerre contre la société et qui ont épousé la cause de l'islamisme radical, pour des raisons différentes mais finalement pas si éloignées. Le récit raconte alternativement le cheminement de ces jeunes exaltés du Pakistan (l'Angleterre pour l'un d'entre eux) à l'Irak. Leurs trajectoires vont bien entendu se rencontrer dans les derniers chapitres du livre qui sont les plus violents et les plus tragiques. Tout l'art de Fatima Bhutto est de décrire des personnages complexes et d'expliquer l'engrenage fatal qui les entraîne vers l'extrémisme. C'est la part la plus captivante du roman, celle qui doit rendre crédible le basculement de ces deux garçons et de cette jeune femme vers l'irréparable. Pour ce faire, Fatima Bhutto ne lésine pas sur les flashbacks afin de nous faire comprendre ce qui a pu se passer dans les têtes de ses protagonistes. Et c'est l'un des bémols que l'on peut prononcer envers Comme des lions, la conversion de Layla (Anita Rose), malgré les efforts de la romancière, parait tout de même surprenante et un peu difficile à avaler. Mais au-delà de ce reproche, le livre est puissant, très dense et intense, culminant dans les scènes où Sunny et Monty se retrouvent seuls dans le désert irakien. Tour à tour poétique et crue, l'écriture de Fatima Bhutto épouse parfaitement les pensées intimes de ses personnages et leur route cahoteuse vers un accomplissement et un épanouissement qui s'apparentent à des leurres.

 

 

L'auteure :

 

Fatima Bhutto est née le 29 mai 1982 à Kaboul. Elle a publié Les lunes de Mir Ali.

 


04/03/2020
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